Déc 142013
 
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Payer moins d’impôts pour gagner plus

L’idée que les prélèvements obligatoires deviennent confiscatoires fait petit à petit son chemin dans la population.

Lorsque tous ceux qui paient plus d’impôts que d’aides exigeront plus de modération fiscale, les prélèvements obligatoires pourront commencer à baisser.

Un objectif raisonnable consiste à  descendre au niveau de la moyenne OCDE qui est de 36.2 % pour un niveau actuel de 46.5 % en France en 2013

Opérons un petit calcul pour visualiser l’augmentation de pouvoir d’achat retrouvé avec cette diminution des prélèvements obligatoires.

 

Diminuer les prélèvements obligatoires de 10 points

Les prélèvements obligatoires en France et dans le monde.

Avec un taux de 46.5%, la France est quasiment championne du monde des prélèvements obligatoires (45% en 2012).

Répartition statistique des prélèvements obligatoires dans le monde par tranches de 5% - année 2012

Répartition statistique des prélèvements obligatoires dans le monde par tranches de 5% – Le nombre de pays par tranche est donné en abscisse – année 2012

 

Ce taux a d’ailleurs augmenté de 1.5% en un an, pourcentage apparemment faible mais dont l’impact est majeur comme nous allons le voir ci-après.

Pourquoi les contribuables des autres pays de l’OCDE sont beaucoup plus riches que les contribuables français

46.5% de prélèvements obligatoires n’est qu’une moyenne. Il y a globalement deux catégories de ménages : ceux qui touchent plus d’aides qu’ils ne paient d’impôts ou taxes (leurs  prélèvements obligatoires sont en quelque sorte négatifs), et ceux qui sont dans la situation inverse. En moyenne, cette dernière catégorie de français est particulièrement exposée aux prélèvements obligatoires,  lesquels correspondent à près de 75% du revenu brut complet (« superbrut ») pour un salarié. Ces 75% sont le « coin salarial » et sont estimés en 2013 sur la base d’une augmentation des prélèvements obligatoires de 2.4 points par rapport à 2006 où ils étaient de 44.1% pour un coin salarial de 71%. Vous trouverez plus d’informations sur le coin fiscal/salarial ici et .

Intéressons nous à ceux qui payent les impôts, et plus particulièrement les actifs dont 90% sont des salariés. Passer de 46.5%  à 36.2% de prélèvements obligatoires, c’est 22% d’impôts en moins. Par conséquent, le coin salarial actuel de 75% passerait à 58% (c’est beaucoup plus qu’au Danemark où il est inférieur à 45%).

En clair, au lieu de gagner 25 Euros de revenu net pour 100 Euros payés par l‘employeur, un salarié gagnera 42 Euros, soit une augmentation de 66 % de ses revenus nets, alors que plus de la moitié de ses revenus seront encore prélevés par l’état (58%) et pourront alimenter généreusement les services publics et une politique sociale digne d’un pays développé.

Si les prélèvements obligatoires retournaient à la moyenne de l’OCDE, les revenus nets des salariés français augmenteraient de 66%.

De quoi préparer sa retraite avec plus de sérénité, et partager un peu  avec les entreprises pour diminuer le coût du travail et réduire facilement le chômage.

En pratique, 10 points de PIB, c’est tout de même 200 milliards d’économies par an à faire par l’Etat, juste pour que la France devienne un pays normal. A titre de comparaison, l’année prochaine, l’État va péniblement économiser 15 milliards de dépenses sur les 25 milliards de recettes fiscales supplémentaires dont il comptait bénéficier.

Par conséquent, en ajoutant également les 11 milliards de non recettes fiscales envolées ce mois de décembre, il n’y a plus que 221 milliards à trouver.

C’est une somme considérable, mais les autres pays développés y arrivent pourtant.

Le « modèle français » vaut-il réellement 200 milliards par an de dépenses supplémentaires et visiblement inutiles dans les autres pays développés ?

 

De combien peut-on augmenter les prélèvements obligatoires

1.5 points ?

A l’inverse, en imaginant que les prélèvements actuels augmentent de seulement 1.5% du PIB, passant de 46.5% à 48%, soit l’équivalent de l’augmentation que nous venons de constater en 2012, le salarié n’aura plus que 23 Euros pour vivre, soit à nouveau 9% de revenus en moins sur une année. Ces 9% de perte de revenu en 2013 expliquent le raz le bol fiscal exprimé par l’ensemble de la population ces derniers mois.

Pourtant, avec cet argent, on peut prédire que l’État ne fera pas grand chose, tout juste 4 % de recettes fiscales en plus à partager entre le coût de la dette et les différents profiteurs du système. Comme certains contribuables vont réagir à l’augmentation de la pression fiscale (exil, optimisation, diminution de l’activité), l’augmentation des recettes fiscales devra être supportée par une population légèrement réduite qui verra par conséquent une diminution de ressources plus forte encore que les 9% théoriques.

10 points ?

Augmenter les prélèvements obligatoires de 10 points pour atteindre 56% du PIB n’est même pas imaginable. Pour ceux qui travaillent, les prélèvements obligatoires  seraient de 91 Euros sur les 100 Euros de revenus bruts (75 x56.5/46.5). Game Over.

 

Et l’évasion fiscale ?

Enfin, si 10% des revenus du salarié sortent du circuit fiscal, avec un taux de prélèvements obligatoires inchangé et un coin fiscal maintenu à 75%, le revenu net passe à 32.5 Euros (25×0.90 + 100×0.10), ce qui correspond à une augmentation de 30 % de ses revenus nets, progression non négligeable que certains salariés au Smic ne connaitront jamais dans leur vie. L’Etat perd alors 4.5% de rentrées fiscales, soit 90 milliards. Lorsque l’état compte les milliards un par un en cette fin d’année 2013, il vaut mieux ne pas encourager les salariés dans cette voie.

 

Conclusion

Il n’est plus possible d’alourdir la pression fiscale sur les populations actuellement contributrices sans diminuer leurs revenus dans des proportions extraordinaires. Si le gouvernement doit encore augmenter la fiscalité, ce ne pourra être que sur les populations actuellement peu imposées car ce sont celles qui le sentiront le moins.

Sachant qu’il n’y a pas réellement de justification des 200 milliards de prélèvements supplémentaires constatés en France par rapport à la moyenne des autres pays développés, un objectif raisonnable serait de diminuer ces prélèvements supplémentaires à un niveau équivalent à celui des autres pays. La moitié pourrait être réservée dans un premier temps au désendettement, l’autre moitié étant partagé entre les salariés et les entreprises.

 

Le taux ultime de prélèvements obligatoires : 35% ou 55% ?, 10.0 out of 10 based on 1 rating

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